Artiste peintre contemporain exposé à la Galerie Catherine Pennec à Clermont-Ferrand en Auvergne (France) en février et mars 2026
Né à Vichy en 1953, Joël Brisse peint et expose ses œuvres depuis de nombreuses années. Il réalise également des films et travaille à l’écriture de scénarii à partir de 1997. "Joël a étudié les beaux-arts à Clermont-Ferrand et s'est ensuite installé à Paris.
Sa première exposition parisienne est à la Galerie Diagonale d'Egidio Alvaro. Il appartient à Zig Zag dans la Savane, groupe d'artistes trans-disciplinaire, performeurs, plasticiens, danseurs qui intervient dans les lieux désaffectés. En 1985, Bernard Lamarche-Vadel expose sa peinture à la Galerie Claudine Bréguet. De la fin des années 1980 à celles des années 1990 ses principales expositions se tiendront à la Galerie Philippe Gravier à Paris. Les années suivantes il est exposé Galerie Nathalie Gaillard et Galerie Duboys.
Le musée d'art Roger-Quilliot à Clermont-Ferrand lui consacre une exposition "L'Habit Rouge" en 2009. L’une de ses œuvres est également présente au FRAC Auvergne. .
"Je fais des images en travaillant contre elles, contre leur littéralité. Je dois sentir qu’il y a quelque chose d’irrésolu, d’inracontable, une densité et un sens qui viennent de la peinture plus que de son sujet. Le sujet est un véhicule avec lequel je pénètre dans « le marécage où toute référence est brouillée ». À un moment du travail il y a quelque chose qui doit prendre (au sens du plâtre) et l’image devient vraiment autonome comme un petit monde avec ses propres règles. Il y a une sorte de paradoxe dans la peinture, elle crée de l’intimité avec le regardeur et en même temps elle le tient à distance."
Expositions récentes :
2026 | CLERMONT-FERRAND | "Le Jardin des Oliviers" | Galerie Catherine Pennec
2025 | PARIS | "L'Oeil du Lièvre" | Galerie Jorge Alyskewcz
2025 | CARSAC-AILLAC | Galerie La ligne bleue
2025 | LA-PIN-LA-GARENNE | Galerie Nathalie Gaillard
2024/2025 | VITRY-SUR-SEINE | "Faits Divers" | Mac Val
2023/2024 | VITRY-SUR-SEINE | 'L'oeil vérité" | Mac Val
2022 | SALLE-LA-SOURCE | Galerie La Cascade
2022 | L'ISLE-SUR-LA-SORGUE | Centre d'art de Campredon
2021-2022 | L'ISLE-SUR-LA-SORGUE | "Visage/Paysage" | Centre d'art de Campredon
2021 | PARIS | Galerie Nathalie Gaillard, C2Art
2019 | ISSY LES MOULINEAUX | Biennale d'Issy-Les-Moulineaux
2017 | LILLE | "Passion(s)" | Centre d'Art Sacré
2016 | PARIS | Galerie Duboys
2012 | FONTENAY-SOUS-BOIS | "Dormeurs-Dormeuses" | Halle Roublot
2009 | CLERMONT-FERRAND | Musée Roger Quillot
Collections publiques
Publications
Réalisateur et scénariste
Joël Brisse dans son atelier
Œuvres
Œuvres d’art de Joël Brisse, issus de l'exposition "Le Jardin des Oliviers", disponibles à la galerie
Entretien entre Joël Brisse et Catherine Pennec le 30 septembre 2025
1. Le titre de l’exposition
Catherine : « Le Jardin des Oliviers » est un titre qui résonne immédiatement avec l’histoire biblique et Jérusalem. Est-ce une référence spirituelle ou symbolique ?
Joël Brisse : D’abord une référence picturale, Mantegna par exemple. Trois personnages allongés en bas du tableau et un seul debout plus haut, face au paysage. J’ai tendance à escamoter le Christ pour perturber la référence. Il y a donc un vide à sa place et en dessous trois inconscients puisqu’ils dorment. Et j’ai l’impression que ça renforce le mystère, le Christ étant une sorte de réponse. Et ça correspond à ce que je pense, je ne sais pas si Dieu existe ou n’existe pas, en face de moi il n’y a que le vide. Et bien sûr, il y a l’écho biblique, ce lieu de l’attente, du doute, de la solitude. L’olivier est aussi un arbre de mémoire, de résistance, (n’oublions pas que ça s’appelait la Palestine) de lumière. Le jardin devient une métaphore de ce qui me préoccupe en peinture : un lieu clos où l’image se densifie.
Catherine : Vous avez aussi réalisé un court-métrage intitulé Les oliviers en 2013. Y a-t-il un lien entre ce film et cette exposition ?
Joël Brisse : Oui, il y a un fil secret entre les films et les tableaux. Le lieu clos c’est celui du conte et le conte flirte avec la métaphore. Le paysage méditerranéen est un écrin pour les deux personnages, un peu comme dans ma peinture où les sujets sont très souvent au centre comme enveloppés par l’espace du tableau. Et il y a l’idée du retour dans Les oliviers, les personnages se retrouvent et se racontent. Il y a souvent un récit dans le récit dans mes films. Il y a ça aussi dans la peinture, une référence à celle qui l’a précédée, de tableau en tableau dans le parcours du peintre et aussi dans une lignée historique. J’y vois bien une contradiction, assumer une référence tout en essayant de la brouiller.
2. Une double pratique : peinture et cinéma
Catherine : Vous êtes à la fois peintre, scénariste et réalisateur. Comment ces pratiques se nourrissent-elles mutuellement ?
Joël Brisse : Ce qui est sûr c’est que quand j’écris un scénario je dois voir, ça n’est pas conceptuel, je dois voir les personnages, les lieux. Après, tout est une question de compromis avec la réalité du tournage. La narration avance par évènements, petits ou grands qui ont une influence sur les suivants. En peinture j’ai envie qu’on sente que ça raconte quelque chose mais qu’on ne sache pas quoi, un récit inracontable. Les sujets immobilisés dans la matière ont souvent l’air de se demander ce qu’ils font là. Ils déteignent peut-être sur les personnages de mes films, indécis, instables, entre deux eaux (ce qui est une partie de leur étrangeté) et quand ils prennent une vraie décision ça peut tourner à l’incendie général comme dans La fin du règne animal.
Catherine : Vos peintures sont souvent de grands formats, alors que vos films sont des courts-métrages. Pourquoi ce contraste de formats ?
Joël Brisse : On ne peut ni vraiment les comparer ni les opposer. Le temps n’est pas le même. Le temps dans la peinture est un temps révélé, suspendu, potentiel. C’est la présence de ce qui fait image (même dans l’abstraction) qui donne la sensation du temps. C’est là, ça s’impose à nous, mais ça ne se laisse pas attraper. Ça se voit tout d’une pièce, mais ça ne se laisse pas décrire et encore moins défaire. Le temps au cinéma fuit, on court après comme un chien après une balle. Et même quand le rythme ralentit, quand plus rien ne se passe, on sent le temps en nous, c’est comme lire ou écouter de la musique, on est traversé. On n’a pas le temps comme avec la peinture d’être regardé par l’image.
3. Les racines et le territoire
Catherine : Vous êtes né à Vichy, formé aux Beaux-Arts de Clermont-Ferrand, puis vous avez longtemps vécu à Paris avant de vous installer dans le Gard. Comment ces territoires ont-ils façonné votre parcours ?
Joël Brisse : À Vichy j’ai beaucoup badé sur les bords de l’Allier, le regard s’évade à l’horizontal, ça n’est pas une ville où on sent le travail, contrairement à Clermont où il faut lever la tête vers les monts d’Auvergne pour échapper aux usines Michelin. C’est ici que j’ai compris que la peinture n’était pas seulement un dérivatif, mais un engagement à ma portée. J’ai emmagasiné toutes les formes et les images que j’ai pu à l’école des beaux-arts mais aussi dans tous les ciné-clubs de la ville, notamment celui de la fac de lettre qui est devenu plus tard le Festival du court-métrage. Paris m’a offert des rencontres décisives, une émulation, des expositions importantes. Et le Gard, aujourd’hui c’est un refuge, un paysage, une lumière qui nourrissent ma peinture, mais aussi une mise à distance fertile.
Catherine : Le Musée Roger-Quilliot et le FRAC Auvergne conservent certaines de vos œuvres. Est-ce important pour vous que Clermont, votre berceau, garde une trace institutionnelle de votre travail ?
Joël Brisse : Oui, bien sûr, là aussi c’est une forme de retour. Cela signifie que ce territoire, qui m’a vu naître et grandir artistiquement reconnaît mon travail. C’est une continuité précieuse. Mais j’accorde autant d’importance à d’autres lieux de collection.
4. Le parcours artistique et la vocation
Catherine : D’où vient votre vocation de peintre ? Aviez-vous des artistes dans la famille ?
Joël Brisse : Aucun artiste dans la famille, des grands-parents paysans dans la montagne bourbonnaise, un père mécano, une scolarité en zigzag, de la classe de transition jusqu’au bac. Mais j’ai dessiné très tôt, je crois que je me débrouillais pas mal, sans que jamais un adulte ne m’incite à aller dans cette direction. Avec le dessin je n’avais besoin de personne, une feuille de papier, un crayon pour construire un petit monde, faire exister quelque chose qui n’existait pas. Rapidement j’ai pensé qu’il n’y avait pas d’alternative, pas question que je fasse un boulot juste pour gagner ma vie et ce qui est incroyable, c’est ce qui s’est passé.
Catherine : Et pour le cinéma, qu’est-ce qui vous a amené à l’écriture et à la réalisation à partir de 1997 ?
Joël Brisse : Je vis avec Marie Vermillard qui réalise des films. On vit depuis si longtemps ensemble qu’on peut dire qu’on a grandi ensemble. Forcément on partage beaucoup de choses. On a écrit ensemble ses premiers scénarii. Mais ma participation au cinéma s’en tenait là. Et puis elle a refusé un de mes scénarii, m’a proposé de m’aider à le tourner. Le film s’appelle Les pinces à linge. Et on a continué comme ça, moi à écrire avec elle, elle à m’aider sur les tournages.
Catherine : Pourquoi avoir privilégié le format du court-métrage au cinéma ?
Joël Brisse : Ah il y a plusieurs raisons. La forme courte me convient, on ne peut pas tout dire, il faut faire sentir l’enjeu, on peut dramatiser des choses minuscules, étirer le temps jusqu’à ce qu’il ressemble au temps réel, on peut caresser un paysage ou mettre les acteurs dans le noir et n’entendre que leurs souffles, un simple moment entre eux, un geste peut évoquer toute leur vie. Le court-métrage est encore très proche des origines du cinéma, inventif, culotté, poétique. Parce que le cinéma est aussi une industrie avec des contraintes commerciales dès le stade du scénario. Difficile de rester libre et quand il faut raconter une histoire avec des sujets, un ton et une forme calibrés pour remplir les salles de cinéma.
5. La peinture : formats, techniques et approche
Catherine : Vous excellez dans les grands formats. Pourquoi vous sentez-vous plus à l’aise sur ces dimensions ?
Joël Brisse : Je n’aime pas réciter ma leçon quand je rentre dans l’atelier, j’aime bien être dans une situation de risque et me demander comment je vais m’en sortir. Le grand format me permet d’être à égalité avec le tableau (corps à corps), ça veut dire aussi que je ne peux pas lui imposer ce qu’il refuse, je dois m’entendre avec lui, il faut que ça circule même quand tout est en place. À un moment donné ça prend (comme le plâtre), c’est là et j’en suis surpris.
Catherine : Quelles sont les techniques que vous privilégiez pour vos toiles ?
Joël Brisse : Depuis longtemps je peins à l’huile qui est d’un usage moins souple mais ne se rétracte pas en séchant et reste longtemps après comme si elle venait d’être posée. Je n’aime pas non plus quand la surface brille, attrape les reflets de la lumière, j’utilise donc très peu de médium. Pas beaucoup de transparences, la couleur est compacte, pas d’effets, pas de recherche inutile de la matière, le plus simple, la base de la technique.
Catherine : Vous avez dit un jour que vous travaillez « contre les images, contre leur littéralité ». Pouvez-vous développer ?
Joël Brisse : Oui, je travaille souvent à partir d’un ou plusieurs documents, mais je cherche à aller au-delà des images de départ. J’essaie de les décontextualiser par le travail formel, une manière primaire, frontale, sans effets, une gaucherie savante qui leur donne de l’étrangeté comme si elles étaient prises dans une zone muette, une sorte de poésie des origines. L’essentiel, c’est ce qui échappe, qui reste non-dit ou non dicible. Quand je dis que ça doit prendre comme du plâtre ça veut dire que soudain ça devient silencieux. Le silence c’est ça qui crée de l’intimité avec le regardeur et en même temps le tient à distance, le perd en terrain connu. C’est ça qui enlève à la peinture son côté littéral (trivial), fait résonner l’image, je cherche quelque chose qui est derrière le tableau.
6. Regard vers l’exposition actuelle
Catherine : Que va découvrir le public dans « Le Jardin des Oliviers » ?
Joël Brisse : Des toiles qui interrogent à la fois la mémoire et le présent, la beauté et l’inquiétude. Des vivants et des absents. Ce jardin c’est un lieu intérieur, mais aussi collectif.
Catherine : Que souhaitez-vous que les visiteurs retiennent de leur rencontre avec vos œuvres ?
Joël Brisse : Ça serait formidable si la peinture pouvait être un antidote à folie du monde, au matérialisme, à l’exhibitionnisme violent des réseaux, à la consommation effrénée, l’occasion d’écouter son silence intérieur. J’ai l’impression d’être un naïf sans illusions qui veut promouvoir un retour à l’innocence.
La Galerie Catherine Pennec est une galerie d'art contemporain nichée au pied de la Cathédrale de Clermont-Ferrand en Auvergne. Elle présente des artistes émergents et confirmés à travers des expositions de peintures, sculptures, broderies, verreries, céramiques, photographies artistiques et installations.
réalisation du site : nivoit-multimedia.com