Artiste peintre contemporain exposé à la Galerie Catherine Pennec à Clermont-Ferrand en Auvergne (France) en mai-juin 2026
En paraphrasant Tennesse Williams, Simon Blau affirme que la peinture est un engagement vis à vis de lui-même et qu’il n’a pas d'autre alternative. Son travail de peintre est un mode d'existence, une forme de fuite enracinée en lui.
Né dans une famille d’artistes la peinture s'est imposée à lui comme la voie naturelle la plus immédiate pour s’exprimer, comme une langue natale composée de touches, couleurs, traits, formes, syntaxiquement composés, mis en scène pour présenter une chose, fruit d'un étonnement, d'un questionnement.
Ses recherches picturales portent sur le dedans et l'au delà, la limite et l'infini, les ouvertures, les horizons, la suspension, l'instant, la reproduction et son corollaire la mimesis, l'humain comme source de connaissance et raison de son propre évanouissement perceptif.
Sa peinture aux aspects oniriques voire philosophiques se lit avant tout comme une invitation au champ des possibles, l’artiste aime à y laisser les portes ouvertes, y confronter jusqu'à l'absurde des songes dissonants.
Par delà cette approche conceptuelle Blau s’attache à la forme et préfère laisser le sens à l'appréciation intime de chacun. Réduire une œuvre aux mots d'un commentaire c'est parfois bâillonner l'éloquence interne de celle-ci aussi il préfère laisser murmurer « la vie intérieure des choses » évoquée par Bergson ou laisser sourdre la vie silencieuse des « acteurs » de ses scènes et parler de l'exercice sensoriel de l'acte de peindre.
Dans l’acte de peindre il s’attache à ses sensations, il aime sentir l'odeur de la couleur, la sonorité des valeurs, écouter « la petite phrase » des formes, caresser la matière, effleurer le support, fouiller la surface de gestes , être à l'écoute du moment.
Pour lui peindre est un être au monde plein et entier, à la fois dérisoire et essentiel.
Simon Blau est ancien élève des Beaux-Arts et lauréat de nombreux prix dont celui de l’Institut, il exerce son métier en retrait loin du tumulte.
2026 | PARIS | "Sommeil et Terre" | Galerie Maison Jaune
2025 | LUGARDE | "Notes de Voyage" | Galerie Palmyre Pétrovich
2025 | LUGARDE | Galerie Palmyre Pétrovich
2024 | LUGARDE | "Invariants" | Galerie Palmyre Pétrovich
2024 | MENDE | "Balcons" | Galerie Séraphine
2024 | LUGARDE | "Dédales Étoilés" | Galerie Palmyre Pétrovich
2024 | CAEN | "Vies bleus et étoilées" | Galerie 170
2023 | LUGARDE | Galerie Palmyre Pétrovich
2023 | LA MOTTE SERVOLEX | "Matera" | Galerie Épicerie
2022 | LUGARDE | Galerie Palmyre Pétrovich
2019 | LUGARDE | Galerie Palmyre Pétrovich
Simon Blau dans son atelier
Huiles
Gouaches
Dessins
Variations
Entretien entre la galeriste Catherine Pennec et l'artiste Simon Blau - 26 Février 2026.
1. Peindre comme nécessité vitale
Catherine : Simon, vous dites que la peinture est un engagement envers vous-même, presque sans alternative. À quel moment avez-vous compris que peindre serait votre manière d’être au monde ?
Simon : Je suis né dans un milieu d’artistes, aussi cette manière d’être au monde était là dès mon plus jeune âge, sans toutefois en avoir une pleine conscience alors. Cependant un “je ne sais quoi” ineffable faisait me sentir en décalage par rapport à un monde profane imperméable à mes rêveries méditatives et mes tropismes esthétiques. C’est dès l’adolescence que les choses ont commencé à se mettre en place, le dessin et la peinture apparaissaient les plus naturels pour persévérer le plus adéquatement dans mon être.
Catherine : La peinture est-elle pour vous une fuite, une résistance, ou une manière d’habiter pleinement le réel ?
Simon : Ce qui me vient en premier à l’esprit c’est qu’il s’agit d’un refuge protecteur et enchanté dans lequel je trouve une grande sérénité, temps et espace se diluent dans l’action et l’intériorité. En cela on pourrait y voir une fuite du monde extérieur, évasion cependant nécessaire. Je ne pense pas entrer en résistance car pour ce faire il faudrait être contre quelque chose, ce qui n’est pas le cas. Je préfère me nourrir du monde et me contenter en moi-même. Habiter pleinement le réel, c’est une très vaste entreprise qui n’appartient qu’à la Nature, sans aller jusqu’à une conception solipsiste des choses, nous ne sommes que des instances du réel habitées d’affects et de subjectivité. Il est vrai aussi, qu’en tant qu’artiste, nous disposons d’organes nous permettant de sentir la vie intérieure des choses quand la lumière est bonne et les vents favorables, mais la saisie du réel je ne sais pas ce que c’est.
2. Une langue natale
Catherine : Vous parlez de la peinture comme d’une langue faite de touches, de couleurs et de formes. Comment cette langue s’est-elle construite au fil du temps ?
Simon : Si nous parlons du registre plastique, celui-ci est le fruit d’une constante et patiente maturation, de remises en question des acquis. Comme toute langue nous débutons par des syntaxes et des mots élémentaires puis au fil du temps nous enrichissons et perfectionnons notre expression, non pour montrer une technicité, mais parce qu'il s’agit plus de plaisir et de jouissance dans la découverte.
Catherine : Que peut dire la peinture que les mots ne parviennent pas à formuler ?
Simon : L’ineffable, c’est le chant du signe et de l’émotion. Là où s’arrête l’empire des mots débute celui de l’image?
3. Suspension, seuils et horizons
Catherine : Vos œuvres explorent souvent la limite, l’entre-deux, l’instant suspendu. Qu’est-ce qui vous attire dans ces zones de bascule ?
Simon : Ces passages sont l’occasion d’un questionnement, comme je le disais précédemment tout nous échappe, nous ne pouvons nous saisir de rien, la question est belle en soi et ouvre des possibles, ce n’est pas un relativisme car il y a, par exemple, des vérités factuelles issues du corpus scientifique. En revanche les détenteurs de réponses définitives m'effraient.
4. Le corps sensible du peintre
Catherine : Vous évoquez l’acte de peindre comme une expérience sensorielle totale : odeur de la couleur, sonorité des valeurs, caresse de la matière.
Peindre est-il avant tout un acte du corps avant d’être un acte de pensée ?
Simon : Je dirais plutôt les deux en ce qui concerne mon travail, car je réfléchis en amont, afin de mieux libérer la main dans l’acte de peindre. Vient après le lâcher prise dans le rapport au geste, à la sensorialité. Les idées peuvent aussi venir de ce rapport émotionnel au monde qui est lui permanent.
5. Sens et silence
Catherine : Vous vous méfiez des discours trop explicatifs autour de l’œuvre. Pourquoi est-il important pour vous de laisser le sens ouvert ?
Simon : Je pense qu’il faut laisser chacun à sa subjectivité propre, à ses sentiments voire à sa pudeur, je ne suis ni un guide spirituel ni un gourou, je donne à voir : faites en ce que vous voulez.
Catherine : Que pensez-vous que le silence apporte à la peinture ?
Simon : Il n’y a pas justement de silence, la peinture est sonore, traits et couleurs vibrent à l’unisson.
Catherine : Vous avez choisi de vivre à l’écart dans ce magnifique département du Cantal. Que vous apporte ce lieu ?
Simon : Le calme nécessaire que j’évoquais au début de notre entretien et la source intarissable de lumières, lignes, couleurs et atmosphères.
6. Le visible et l’invisible
Catherine : Vos scènes semblent habitées par une « vie intérieure des choses ». Comment laissez-vous émerger cette présence silencieuse ?
Simon : Sur ce point j’évite de penser, j’essaye d’être l’intercesseur partiel et partial d’une libre Nature, le geste est ici déterminant dans sa pleine contingence.
Catherine : L’humain est central dans votre travail, mais souvent menacé d’effacement ou figé entre deux états. Que dit cela de notre époque ?
Simon : Vous parlez d’effacement ou de devenir transitoire dans mes personnages, je parle également d’inachèvement, de saisie d’un devenir ou bien d’ouverture au champ des possibles. Ce qui m’intéresse dans l’humain, c’est son rapport existentiel à la vie, absurde, dérisoire. Il n’y a aucun ancrage dans une quelconque actualité ni dans notre époque.
7. Influences et nourritures invisibles
Catherine : Quelles musiques accompagnent votre travail en atelier ?
Simon : Je ne peux pas écouter de musique en travaillant, c’est le silence ou bien des émissions littéraires, philosophiques ou scientifiques.
Catherine : Y a-t-il des philosophes justement, écrivains ou artistes qui ont marqué votre manière de voir et de peindre ?
Simon : Bien évidemment j’ai été influencé par d’innombrables artistes à travers les courants et époques, les citer tous serait long et assommant, aussi je préfère laisser le soin au spectateur de déceler dans mes peintures les influences, voire des citations à certains artistes. Les écrivains, philosophes et scientifiques enrichissent mes réflexions mais n’influencent pas directement ma manière de peindre ni mon regard.
9. Pour conclure
Catherine : Vous aimez les éléments d’architecture, si la peinture était un espace à habiter, à quoi ressemblerait celui que vous construisez toile après toile ?
Simon : A ma maison! Depuis des années j’élabore mon décor dans lequel sont disposées des vies silencieuses ( encore le silence!), des ouvertures, des constructions, des passages…Je travaille souvent sur des boîtes optiques afin de camper une scène qui fait aussi écho à mon intérieur, je déambule à la fois dans des maquettes et chez moi pour finir parfois dans la toile, la frontière est parfois ténue entre ces univers…Plus j’avance plus j’investi mon œuvre et plus celle-ci m’habite.
La Galerie Catherine Pennec est une galerie d'art contemporain nichée au pied de la Cathédrale de Clermont-Ferrand en Auvergne. Elle présente des artistes émergents et confirmés à travers des expositions de peintures, sculptures, broderies, verreries, céramiques, photographies artistiques et installations.
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