Vicario (1950)

 

Artiste peintre et plasticien français exposé à la galerie Catherine Pennec à Clermont Ferrand prochainement en 2026

 

Biographie

 

Vicario est né à Paris en 1950. Diplômé de l’École nationale supérieure des Arts décoratifs et licencié d’Arts plastiques, il mène depuis 1978 une carrière artistique intense en France et à l’étranger. Il vit et travaille aujourd’hui à Levallois-Perret.

 

Peintre et plasticien, ancien professeur d’Arts plastiques et ex-président de l’association Itinéraires – Art Contemporain, Vicario développe une œuvre volontairement inclassable. Il explore une grande diversité de techniques — peinture, aquarelle, collage, encre, dessin et brûlis — qu’il applique sur des supports multiples, parmi lesquels les textiles anciens tiennent aujourd’hui une place centrale.

 

Son travail revisite aussi bien les figures mythologiques que les grands maîtres de l’histoire de l’art ou des scènes du quotidien. Par le feu, il brûle littéralement ses sujets — Hercule, Diane, Miss Liberty ou anonymes — puis rehausse ces silhouettes calcinées de touches colorées, laissant au spectateur le soin de compléter l’œuvre par son propre imaginaire. Son univers oscille entre sensualité, mémoire et poésie, invitant chacun à une expérience intime et subjective.

 

En 2026, il présentera une série de nus dessinés sur torchons anciens lors de l’exposition « En découdre… Regards croisés sur le fil » à la Galerie Catherine Pennec à Clermont-Ferrand du 1er juillet au 26 septembre, dans le cadre de la Biennale du textile Beautés du FITE (1er juillet 2026 – 10 janvier 2027). Cette exposition réunira également Théo Beaumont, Stefano Bianchi et Lou Salamon, dans un dialogue volontairement en contre-point autour du fil, du tissu et de leurs métamorphoses contemporaines.

 

Ses œuvres figurent dans de nombreuses collections publiques et privées ; il a exposé dans des galeries, centres d’art, musées et institutions en France, en Europe, en Asie et aux États-Unis.

 

Expositions 

  •  2026 à venir : Clermont-Ferrand – Galerie Catherine Pennec – juillet à septembre (Biennale FITE) / Matignon – juillet / Paris – Villa des Arts – juin /Liège – mai /Anvers – avril mai juin
  • 2026 - Saint-Raphaël – février
  •  2025 - Quimper, Concarneau, Rouen, Paris (Salo XIII – Salon du dessin érotique), Matignon, Saint-Cast-le-Guildo, Levallois-Perret, Gramat
  •  2024 - Liège, Paris (Salo XII), Matignon, Bourseul, Levallois-Perret, Bayonne, Saint-Sever, Quimper
  •  2023 - Paris (plusieurs galeries et Mairie du 8e), Taden, Anvers, Levallois-Perret
  •  2022 - Paris, Riom, Saint-Jacut-de-la-Mer, Focus Art Fair (Carrousel du Louvre), Parthenay, Levallois-Perret
  •  2021–2018 - Paris, Clichy, Dinan, Dives-sur-Mer, Riom, Saint-Jacut-de-la-Mer, Arcueil, Matignon, Levallois-Perret
  •  2017–2012 - Paris, Abbeville, Tulle, Auvers-sur-Oise, Bayonne, Casablanca, Troyes, Pléneuf-Val-André, Viroflay, Saint-Sever 
  • Années précédentes : Londres, Shanghai, Cracovie, Genève, Mexico, Californie, Dinard, Pont-Aven, Barbizon, Megève, Versailles, Nancy, Annecy, Bordeaux, Saint-Malo, Hyères, Neuilly-sur-Seine…

Œuvres


 Entretien entre Catherine Pennec et Michel Vicario pour l'exposition “En découdre” - 24 avril 2026

  

Catherine Pennec :

Votre parcours artistique s’étend sur plusieurs décennies, en France comme à l’international. Avec le recul, comment regardez-vous aujourd’hui cette trajectoire ?

 

Michel Vicario :

Le message me semble de plus en plus clair : je crois que , progressivement , je me dirige vers l'essentiel. Ce qui importe est ce qu'on a à dire et non la façon de le dire… La technique n'est que le médium.

 

Catherine Pennec :

Y a-t-il eu un moment fondateur, un déclic, qui vous a conduit vers une pratique artistique aussi engagée et continue depuis la fin des années 1970 ?

 

Michel Vicario :

Après mes études artistiques , j'ai mis un certain temps à trouver mon expression. Nous sortons tous des écoles d'Arts avec un très bon niveau, la difficulté est de se différencier et de conserver sa ligne de conduite : pour moi, le corps humain, le nu.

 

Catherine Pennec :

Votre œuvre est souvent décrite comme inclassable, traversée par de multiples techniques — peinture, dessin, collage, brûlis… Cette diversité est-elle une nécessité intérieure, une forme de liberté ?

 

Michel Vicario :

La formation de professeur en Arts m'a permis de travailler et de faire travailler mes étudiants avec différentes techniques. Il faut ensuite trouver son langage personnel, son expression la plus en adéquation avec sa personnalité. Mon choix peut être très varié, en fonction du thème abordé. 

 

Catherine Pennec :

Vous revisitez aussi bien des figures mythologiques que des anonymes ou des scènes plus intimes. Qu’est-ce qui relie ces différentes sources d’inspiration dans votre travail ?

 

Michel Vicario :

J'aime me mettre au défi : partir de l'Histoire de l' Art , de ses images iconiques et les revisiter. J'apporte ma vision, mon émotion et m'approprie les citations en Art. Je place mes modèles sur le même plan qu'un empereur romain ou qu'une divinité, leur accordant autant de valeur, sans aucune hiérarchie.

 

Catherine Pennec :

Le feu occupe une place singulière dans votre pratique, notamment à travers le brûlis. Comment cette technique s’est-elle imposée à vous, et que vous permet-elle d’exprimer que d’autres médiums ne permettent pas ?

 

Michel Vicario :

C'est en relisant un mémoire d'une collègue sur « La représentation du feu et de la flamme du Moyen Âge à nos jours » que j'ai réalisé que je n'avais jamais travaillé sur ce thème… J'ai donc recherché comment je pouvais exploiter ce domaine d'une façon très personnelle. Le feu intervient très souvent dans ma démarche plastique . C'est un élément incontournable que je ne peux maîtriser tout à fait. Je ne connais jamais d'avance , le résultat final . Il reprend mon dessin, le transforme et le grave à tout jamais sur la toile.

 

Catherine Pennec :

Dans vos œuvres brûlées, les figures apparaissent à la fois révélées et fragmentées, comme suspendues entre disparition et présence. Quelle place laissez-vous au regardeur dans cette reconstruction de l’image ?

 

Michel Vicario :

Le visiteur peut se projeter dans mon récit, révélé sur la toile, se l'approprier et retrouver dans son vécu ou son imaginaire ses émotions et une partie de son histoire.

 

Catherine Pennec :

Votre formation aux Arts décoratifs et votre expérience d’enseignant ont-elles influencé votre manière d’aborder la création aujourd’hui ?

 

Michel Vicario :

Je me suis rendu compte qu'il y avait mille réponses possibles et envisageables à une thématique proposée. Chaque étudiant possède de multiples réponses créatives . L'Art est multiple et nécessaire à tous. A chacun de trouver son moyen d'expression.

 

Catherine Pennec :

Dans le cadre de l’exposition “En découdre”, vous travaillez sur des torchons anciens, supports chargés d’une mémoire domestique et intime. Qu’est-ce qui vous a conduit vers ce matériau textile ?

 

Michel Vicario :

Mes torchons anciens sont chargés d'émotions, de souvenirs, de vie. Récupérés chez mes grands parents, avec des traces du passé, taches, déchirures, initiales brodées, ils constituaient le trousseau, élément essentiel avant le mariage. Ils représentent un lien entre le passé et le présent, le banal et l'exceptionnel.

 

Catherine Pennec :

Ces textiles deviennent sous votre geste des surfaces de projection pour le corps, notamment à travers vos nus. Comment s’articulent, dans cette série, le corps, la mémoire et le tissu ?

 

Michel Vicario :

Ces torchons anciens, très rêches, étaient composées de lin et de coton comme nos toiles d'artistes d'aujourd'hui. En détournant ces torchons de leur fonction du quotidien pour en faire un support d'œuvre d'Art, je les valorise et leur donne une nouvelle fonction, d'objet de labeur vers un objet poétique et d'évasion.

 

Catherine Pennec :

Vous dialoguez ici avec des artistes aux pratiques très différentes — la broderie avec Lou Salamon, la photographie avec Stefano Bianchi, le verre avec Théo Beaumont. Comment percevez-vous ce jeu de correspondances et de contrastes autour du textile ?

 

Michel Vicario :

Les artistes de l'exposition « En découdre » ont très certainement des préoccupations différentes et des moyens d'expression divers ; la recherche de matériaux et techniques différents, détournés de leur fonction première semble être le trait d'union de nos expressions communes. Nous apportons notre vision personnelle et singulière sur des matériaux anodins.*

 

Catherine Pennec :

Votre travail oscille entre sensualité, poésie et une certaine forme de tension. Est-ce une manière pour vous d’interroger notre rapport au corps et à la mémoire ?

 

Michel Vicario :

Dans chaque œuvre ,le corps est présent. Le corps s'exprime, il me parle. A moi de savoir l'observer, le comprendre et le mettre en valeur. Tout y figure, les questions et les réponses sont ouvertes. Il me révèle ce qu'il a subi, les outrages du temps et de la vie. Tous semblables mais tous différents.

 

Catherine Pennec :

Pour conclure, que souhaitez-vous que le visiteur retienne — ou ressente — en découvrant vos œuvres dans cette exposition ?

 

Michel Vicario :

Je souhaite que le visiteur ne reste pas indifférent à mes créations, qu'il laisse son imaginaire s'emparer de l'œuvre. L'Art permet cette découverte : respecter les différences, il faut, me semble-t-il accepter une certaine imperfection des corps, des êtres, de la nature, de la vie, jouer cœur et ne pas tricher.